Lorsque je retourne en pensée à mes années d’études, les souvenirs qui remontent sont tous reliés à une émotion. Un jour un pianiste invité à mon collège m’a fait découvrir des rapsodies hongroises. Un astronome, l’immensité de l’univers, j’en ai eu le vertige. Un prof d’histoire nous lisait, le vendredi après-midi, un extrait d’une œuvre de son choix. Son talent de lecteur, nous charmait. Je m’en souviens encore plus de 60 ans plus tard.
Lorsque le malheur frappe une québécoise, un québécois, on ouvre souvent un site de don en ligne pour lui venir en aide et cet inconnu récoltera des dons à la hauteur de l’émotion ressentie par les donateurs. Chaque fois que j’ai été accom- pagné en Haïti, le partenaire en est revenu ému et en parle encore des années plus tard. Ceux qui appuient nos projets ont été touchés par celui qui les a sollicités.
Les besoins et les organismes de charité sont tellement nombreux qu’il est impossible de répondre à chacune des demandes qui nous arrivent de toute part. C’est pourquoi nous apprécions ceux qui nous ont choisis et c’est dans la vérité des émotions ressenties que se prend la décision.
Au moment où vous lirez ces lignes, je serai sur le terrain en Haïti pour y constater l’évolution de nos projets et discu- ter de la suite. J’en reviendrez avec photos, vidéos compte rendu dans l’espoir de vous conforter dans votre décision d’investir sur le Plateau central d’Haïti en espérant vous émouvoir avec mon récit.
Nous n’y accomplissons pas de miracle, mais y consolidons un pas à la fois, l’atteinte d’un minimum d’autonomie, par la création d’entreprises collectives qui créent une richesse au service de chacune et chacun.
Par Jean Charron
Solidarité-Haïti en Estrie
