Il y a des parcours qui impressionnent. D’autres qui inspirent profondément. Et puis il y a ceux, plus rares, qui réussissent à faire les deux à la fois.
Celui d’Élissa Jean en fait partie.
Originaire de Saint-Denis-de-Brompton, Élissa n’a pas trouvé sa voie du premier coup. Avant le hockey, elle a exploré. Soccer, baseball, gymnastique, ballet, violon, natation, volleyball… elle essaie, découvre, recommence. Une chose est claire : elle n’a pas peur de sortir de sa zone de confort. Elle avance, avec curiosité et persévérance, jusqu’à ce que quelque chose accroche vraiment.
Et ce quelque chose, ce sera le hockey.
Dès ses débuts, elle sait qu’elle veut être gardienne de but. Pourtant, sa première expérience est loin d’être parfaite. Elle se fait marquer plusieurs fois. Une situation qui aurait pu décourager bien des jeunes.
Mais pas Élissa.
En sortant de la glace, elle a le sourire aux lèvres. Elle est heureuse. Elle aime ça.
Ses parents, eux, se souviennent d’un moment un peu plus difficile à regarder. Ils s’attendaient presque à la voir revenir découragée. Mais elle, tout ce qu’elle retient, c’est le plaisir d’avoir été là.
Des années plus tard, elle raconte cette scène en riant. Elle ne se rappelle même pas des buts. Juste du bonheur qu’elle ressentait.
Et c’est peut-être là que tout commence.
Parce que derrière son parcours, il y a cette capacité rare : aimer profondément ce qu’elle fait, même quand c’est difficile.
La suite ne sera pas simple. Coupures, changements d’équipes, passages du hockey féminin au hockey masculin pour continuer à se dépasser… Élissa évolue constamment dans l’incertitude. Elle le dit elle-même : elle a souvent été « entre deux », jamais complètement assurée de sa place.
Et pourtant, elle continue.
Année après année, elle travaille, s’adapte, progresse. Elle développe une solidité mentale impressionnante et un talent qui lui permet de rester dans le jeu, peu importe les obstacles.
En 2023, elle prend une pause. Elle met le hockey de côté.
Mais la passion revient.
Quelques mois plus tard, presque par hasard, une opportunité se présente. Une pratique. Puis une autre. Et finalement, une place avec les Carabins de Montréal. Un scénario rare, surtout en plein milieu de saison.
En 2026, elle fait partie de l’équipe qui remporte le Championnat canadien universitaire à Waterloo, en Ontario. Un moment fort, chargé d’émotions, construit à travers une saison où chaque rôle compte.
Même sans être toujours devant le filet, Élissa reste engagée, présente, reconnaissante. Elle comprend la valeur de chaque étape, de chaque apprentissage.
Aujourd’hui, à 22 ans, elle impressionne autant par son talent que par sa maturité. Elle parle de lâcher-prise, d’effort sincère et d’acceptation avec une sagesse qui dépasse son âge.
« Quand tu sais que tu as tout donné, tu ne peux pas te taper sur les doigts », dit-elle simplement.
Derrière cette force, il y a une famille solide. Une mère qui lui a appris que rien n’arrive pour rien. Un père qui lui a transmis la discipline et l’importance de toujours donner son maximum. Des frères qui, chacun à leur façon, lui ont montré ce que signifie persévérer dans ses passions.
Aujourd’hui étudiante en soins infirmiers, Élissa avance avec la même rigueur et la même humilité.
Son parcours est inspirant et motivant. Sa personnalité pétillante et chaleureuse.
J’ai demandé à Élissa ce qu’elle aimerait ajouter comme mot de la fin.
Elle m’a partagé une citation qu’elle trouve particulièrement puissante : « Croire en soi, c’est déjà presque réussir. »
Et elle ajoute : « Je trouve qu’il n’y a pas plus vrai que ça. Si tu crois en tes aptitudes et tes capacités, le plus gros du travail est déjà complété. Je crois qu’il est important de croire en soi, de savoir ce qu’on vaut et ce qu’on est capable d’accomplir et c’est comme ça que les meilleurs choses vont venir à nous. Et même si elles ne viennent pas à nous, au moins on sait
ce qu’on vaut. »