Le Saint-Denisien

La saison des anoures

Par Jacinthe Caron

, Le Collectif Environnement SDDB

, 31 mars 2026

Grenouille des bois. Crédit photo : Jacinthe Caron

Je ne sais pas exactement si j’aime le printemps parce qu’il est si joliment accompagné par le chant des grenouilles ou si j’aime le chant des grenouilles parce qu’il annonce sans équivoque l’arrivée du printemps. Mais peu importe, les amoureux de la nature associent tous la douce (parfois pas si douce) mélodie printanière des anoures à la promesse d’un été imminent.

Les anoures sont l’ordre d’amphibien qui contient les grenouilles, les rainettes et les crapauds. Le meilleur temps pour les observer, et surtout pour les entendre, c’est à proximité d’un étang, d’un milieu humide ou d’un ruisseau bordant une forêt, à partir du mois d’avril lorsque le sol dégèle. Les plus hâtives sont la grenouille des bois (bruit de canard) et la rainette crucifère (sifflement court et aigu). Donc c’est maintenant qu’on peut les entendre ! Un peu plus tard lorsque l’été s’installe, s’ajouteront les chants des crapauds, des grenouilles vertes et des ouaouarons. En ouvrant les oreilles à la brunante d’une journée de mai, vous devriez aisément identifier au moins deux espèces d’anoures qui se trouvent autour de vous. 

Dans la région, on retrouve une espèce arboricole (qui vit dans les arbres), la rainette versicolore, des espèces forestières, comme la grenouille des bois et la rainette crucifère, des espèces aquatiques, comme le ouaouaron et la grenouille verte et d’autres espèces qui fréquentent une diversité de milieux naturels, comme le crapaud d’Amérique ou la grenouille Léopard. Nous avons même une espèce rare au Québec, mais assez commune chez nous : la jolie grenouille des marais. Leurs cris sont plutôt faciles à distinguer, mais si vous êtes moins familier, vous pourriez apprécier les sites web ou les applications qui fournissent des banques de son. Je vous partage quelques adresses à la fin de l’article. 

Protéger les habitats pour continuer d’entendre chanter les grenouilles

Les anoures ont absolument besoin des milieux humides et des étendues d’eau pour assurer leur reproduction et leur survie. La plupart des espèces les fréquentent toute la belle saison. En forêt, les étangs vernaux, ces étendues d’eau éphémères qui disparaissent quelques semaines après la fonte des neiges, sont essentiels aux espèces d’anoures forestières qui les utilisent jusqu’à ce que leurs pattes se forment. Vous avez peut-être entendu parler du cas de la rainette faux-grillon. Cette espèce était jadis commune en Montérégie, mais la destruction d’une partie significative des milieux humides et des friches en banlieue de Montréal lui vaut maintenant le statut d’espèce menacée. C’est le sort qui guette plusieurs de nos petites sauteuses si on n’assure pas la protection de leurs habitats et la connectivité écologique qui leur permet de se disperser vers d’autres sites. 

Ces quelques paragraphes vous ont donné envie d’identifier les anoures qui fréquentent les mêmes milieux naturels que vous ? Voici quelques suggestions pour vous repérer dans le merveilleux monde des amphibiens : 

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