Le Saint-Denisien

Jouer librement

Par Nancy Richard

, Agente de soutien pédagogique, CPE Magimo

, 1 juin 2025

« La majorité des apprentissages que fait l’enfant découlent d’une aptitude naturelle et d’une motivation intrinsèque à se développer. Ils n’ont donc pas à être imposés de l’extérieur. Cette aptitude et cette motivation ont cependant avantage à être soutenues et encouragées par l’adulte » (Programme éducatif Accueillir la petite enfance)

Le jeu libre n’est ni organisé ni structuré. Il est spontané et sans règles établies. L’enfant est le maître de ses choix et des décisions à prendre dans l’orientation du jeu. Le jeu peut être sédentaire, lorsque l’effort physique est limité, ou actif, lorsqu’il permet à l’enfant de bouger avec intensité. Que ce soit à la maison, en service de garde, à l’école ou ailleurs, les occasions de jouer librement sont nombreuses. Tous ces lieux donnent accès à une diversité d’activités extérieures et intérieures. Et que dire du potentiel d’expériences et de découvertes surprenantes avec le monde, réel ou imaginaire, qui entoure l’enfant !

Jouer à l’extérieur

Depuis bon nombre d’années, l’intérêt pour le jeu extérieur a décliné chez les enfants. Plusieurs publications avancent aussi l’idée que les enfants d’aujourd’hui ont une moins grande connexion avec la nature, voire un déficit nature.

Beau temps, mauvais temps, le jeu extérieur est pourtant riche en aventures, en explorations, en défis et en possibilités d’imaginer son propre jeu. Pour qu’il soit attractif, l’environnement de jeu extérieur doit présenter des caractéristiques stimulantes et sécuritaires. La présence d’autres enfants et adultes rendent l’expérience encore plus invitante et animée.

Jouer à l’intérieur

Il semble que les jeux intérieurs sont souvent plus sédentaires. Lecture, jeux de table, bricolages et jeux de construction sont plus facilement accessibles. Leur apport sur le développement de l’enfant est aussi très appréciable. Il n’en demeure pas moins qu’une organisation appropriée de l’espace intérieur peut donner lieu à des aventures spectaculaires pour lesquelles une certaine intensité physique est au rendez-vous.

Les différents rôles de l’adulte dans l’accompagnement du jeu de l’enfant

Qu’il soit libre ou dirigé, chez les jeunes enfants, le jeu est la plupart du temps accompagné. L’adulte, par la qualité de sa présence physique et l’attention qu’il porte à l’enfant, occupe tour à tour différents rôles. L’équilibre entre chacun de ces rôles contribue au développement du sentiment de confiance de l’enfant et à la découverte du monde qui l’entoure.

Observateur
Pour mieux comprendre l’enfant : ses forces, ses limites, ses intérêts.

Organisateur
Pour rendre l’environnement favorable et sécuritaire.

Animateur
Pour proposer à l’enfant de nouveaux défis, de nouvelles expériences adaptées.

Facilitateur
Pour soutenir la gestion de conflits.

Acteur
Pour le simple plaisir de jouer ensemble… mais pas tout le temps !

L’accompagnement de l’adulte doit favoriser l’équilibre entre les jeux actifs et les activités sédentaires, intérieures et extérieures. Il assure aux enfants un environnement stimulant et sécuritaire et laisse beaucoup de place aux jeux initiés par les enfants eux-mêmes.

Laisser l’enfant prendre des risques

Des dangers réels sont présents dans l’environnement des enfants. Plusieurs jeux comportent un risque. Les adultes peuvent avoir le réflexe de freiner ces jeux par crainte de blessures. La tendance à limiter les jeux extérieurs pour des raisons de sécurité, amène à se questionner sur l’équilibre nécessaire entre la prise de risques et la sécurité, entre le jeu intérieur et le jeu extérieur.

Attention ! Danger et risque ne sont pas synonymes. De plus, l’atteinte du « risque zéro » est impossible à réaliser.

La prise de risques est cependant essentielle au développement de l’enfant. Elle lui permet :

  • d’explorer et de relever les défis qu’il a choisis;
  • de tester ses limites;
  • de développer ses compétences, sa confiance en lui et son autonomie;
  • d’apprendre à évaluer, à choisir et à gérer le risque dans tous les aspects de sa vie.

L’adulte doit donc régulièrement prendre le recul nécessaire à l’analyse de la situation… et de ses propres émotions !

Source : Agirtôt.org