Le Saint-Denisien

La forêt nourricière

Par Marquis Poissant

, Le Collectif Environnement SDDB

, 29 avril 2026

Tête de violon (fougère à l'autruche). Crédit photo Jacinthe Caron

Têtes de violon (fougère-à-l’autruche). Crédit photo : Jacinthe Caron

Nous sommes privilégiés d’avoir autant de richesses autour de nous. Que ce soit en livrant des repas pour le Centre d’action bénévole (CAB) de Windsor ou simplement en sortant de chez moi pour une randonnée à proximité, je constate chaque fois la beauté des milieux naturels qui m’entourent. Lacs, faune et flore font partie de notre quotidien; ils sont avec nous, en nous.

Encore une fois, je vais puiser dans mes propres expériences et souvenirs pour aborder ce sujet si passionnant qu’est la forêt nourricière. Dans l’un des articles précédents du Saint-Denisien, je faisais référence à mes études au CÉGEP de Chicoutimi en techniques forestières. J’y ai appris à reconnaître l’abondance des ressources, leur utilisation, leur transformation et leur prélèvement, mais surtout l’importance de la régénération et du renouvellement du couvert forestier. Du plus petit organisme — insectes, spores, micro-organismes — aux plus gros animaux, en passant par les minéraux et les végétaux, chacun joue un rôle essentiel dans l’équilibre de cet écosystème.

Les ressources alimentaires issues de la forêt sont nombreuses, bien que leur inventaire puisse s’avérer complexe. Des ouvrages comme La Flore laurentienne de Marie-Victorin ou encore Cueillir la forêt de Gourmet sauvage permettent d’en explorer la diversité et les usages. Champignons, petits fruits, plantes comestibles : la forêt constitue un véritable garde-manger pour qui sait l’observer, la comprendre et la respecter.

Au-delà de l’alimentation, les bienfaits de la forêt demeurent souvent méconnus. Plus subtils, mais tout aussi importants, ils touchent autant le corps que l’esprit. Une récente présentation sur l’histoire de St-Denis m’a rappelé à quel point les savoirs liés aux plantes — herbes médicinales, épices, fruits et autres aromates — sont ancrés dans notre territoire et dans notre mémoire collective.

Dès leur arrivée, les Européens ont dû apprendre des peuples autochtones qui habitaient déjà ce territoire. Leurs connaissances, tant sur les plans alimentaire, médicinal qu’environnemental, ont permis une meilleure compréhension des ressources naturelles et des façons de vivre en harmonie avec elles. Encore aujourd’hui, ces savoirs nous rappellent l’importance de préserver des écosystèmes et des ressources que nous avons trop longtemps considérés — et que nous considérons parfois encore — comme inépuisables.

Le printemps amène avec lui les délicieuses têtes de violon et l’ail des bois. Ce sont des plantes qui poussent naturellement dans les forêts de la région, principalement dans les érablières pour l’ail des bois et sur les berges des rivières pour les têtes de violon, mais si vous vous aventurez à leur recherche, renseignez-vous bien! Ces plantes à statut particulier peuvent être cueillies, mais en respectant les normes prescrites pour éviter de les mettre en péril. De plus, elles peuvent être confondues avec des plantes qui pourraient s’avérer toxiques. Sans compter que les têtes de violon doivent suivre un protocole de cuisson à la lettre. Bon appétit !

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